Troisième République
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le Cartel des Gauches (1924-1926)

mise à jour le 6/09/03

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la Ruhr

ligues

les colonies

Indochine

Maroc

    • Aux élections de mai 1924, le Bloc national est très nettement battu par le Cartel des gauches qui obtient 328 sièges sur 582. Aucun des chefs de file du Cartel n’accepte d’être nommé Président du conseil par le Président de la République Alexandre Millerand, à qui outre ses conceptions d'une présidence active se voit reprocher d'être sorti de son rôle en soutenant le Bloc national lors de la campagne électorale. Contraint de démissionner en raison de son impossibilité à nommer un Prédident du Conseil, il démissionnera en juin. C’est Gaston Doumergue, centriste et Président du Sénat qui le remplace contre le candidat déclaré du Cartel: Paul Painlevé (1863-1933)
      Un gouvernement se constitue autour d'
      Édouard Herriot, chef du Parti Radical. Les socialistes, bien que membres du Cartel, ne désirent pas participer au gouvernement, mais le « soutiennent ». Cela affaiblit Herriot (qui dira bientôt que le parti socialiste l'a « soutenu comme la corde soutient le pendu »).
      La main-mise de la gauche sur le gouvernement ne signifie pas pour autant une plus grande stabilité gouvernementale : en deux ans de Cartel des Gauches, pas moins de 5 gouvernements vont se succéder, dans lesquels on distinguera toujours 3 hommes politiques : Herriot, Briand et Painlevé.
    • La politique du Cartel (1924 – 1926)
      • L'Alsace-Lorraine, redevenue française, pose un problème important au gouvernement : l'influence des différentes religions y est très forte, et le gouvernement peine à y faire appliquer la loi de 1905, puis y renonce. Le Concordat mis en place sous Bonaparte, en 1801, est officiellement maintenu dans cette région de la France, et les différentes religions y conservent donc leur pouvoir officiel.
      • En octobre 1924, le gouvernement français reconnaît l'état de fait existant depuis déjà 7 ans, et reconnaît diplomatiquement l'existence de l'Union Soviétique.
      • À partir de juillet/août 1925, il y a un renversement total d'attitude à l'égard de l'Allemagne : une sorte de détente s'amorce, notamment grâce aux Accords de Locarno, en octobre de la même année. Cette conférence a pour but de réviser le Traité de Versailles de 1919. Sont présents les ministres des affaires étrangères , Gustav Stresemann (Allemagne), Aristide Briand (France), Austin Chamberlain (Angleterre), Emile Vandervelde (Belgique), Benito Mussolini (Italie). Sous la garantie anglo-italienne, la France, Allemagne et la Belgique, s'engagent à maintenir les frontières telles qu'elles ont été fixées par le traité de 1919. Ce statu quo territorial prévoit le respect de la démilitarisation de la Rhénanie par l'Allemagne qui s'engage de ne se livrer à aucune invasion ou attaque. Les Etats garants s'engagent à prêter leur assistance à la partie victime de l'agression. L'Allemagne accepte de mettre sa signature au bas d'un texte qui garantit ses frontières occidentales et qui implique donc la renonciation aux territoires qui lui ont été arrachés. Le plan de réparation élaboré à la conférence de Londres (nommé « plan Dawes ») est accepté bilatéralement, et la France se retire même finalement de la Ruhr, avec l'assurance d'un paiement de l'Allemagne. C'est bien la fin de l'après-guerre
        Il y a alors une politique d'ouverture et de coopération franco-allemande, menée par
        Aristide Briand côté français, et par Gustav Stresemann côté allemand, ce qui n'empêche pas de décider en 1925 la création d'une ligne fortifiée ( la ligne Maginot) face à l'Allemagne
    • Les difficultés
      Tout ne va pas bien, cependant :
      • Difficultés politiques
        La droite se reconstitue, et surtout, les
        ligues (groupes politiques organisés de façon militaire) de droite et d'extrême-droite se reforment. Elles s'affrontent aux mouvements de gauche. Ce sont les « Jeunesses patriotes », l'« Action Française » de Charles Maurras, ou encore le « Faisceau » créé par Georges Valois en 1925, basé sur l'idéologie fasciste de Benito Mussolini.
        Depuis 1922, Mussolini est en effet au pouvoir en Italie, après avoir créé les mouvements fascistes et mené la « Marche sur Rome ». Il veut remplacer la lutte des classes par le corporatisme, et son idéologie est évidemment très nationaliste. Le fascisme italien contamine petit à petit la droite française, créant par exemple des émeutes dans Paris lors du transfert des cendres de Jean Jaurès au Panthéon.
      • Difficultés coloniales:
        Pendant la guerre,
        les colonies avaient apporté à la mère patrie un concours précieux en combattants, en travailleurs comme en matières stratégiques. Environ quelques 800.000 indigènes venus des quatre coins de l'empire avaient été mobilisés et leurs sacrifices et le loyalisme des colonies avaient ancré l'opinion publique dans une parfaite bonne conscience: c'était la contrepartie de la civilisation que la France leur avait apportée.
        Tout allait donc bien et les plus clairvoyants pensaient seulement qu'il faudrait intensifier la mise en valeur des ressources naturelles et élever le niveau de vie des populations. Une loi du 4 février 1919 avait octroyé la nationalité française à quelques milliers d'indigènes qui s'étaient distingués par leur héroïsme ou leur dévouement. L'opinion commençait à prendre conscience de la plus grande France et de l'empire élément de sa grandeur et de sa puissance.
        • Indochine
          C'est la seule colonie française vraiment riche et dont l'exploitation présente un « intérêt ». Elle est pourtant agitée par
          Ho-Chi-Minh, ancien étudiant parisien, qui mène la contestation.
        • Syrie – Liban
          Ce sont des morceaux de l'ancien Empire Ottoman, effondré après la Première Guerre mondiale. Lors de cet effondrement, l'ancien Empire est séparé : en Turquie, Kemal s'empare du pouvoir et crée un État laïque ; le reste est réparti entre le Royaume-Uni (l'essentiel des terres) et la France, qui peut exercer le mandat que la SDN lui a confié sur la Syrie et le Liban.
          Ces pays ont été choisis pour des raisons historiques : depuis les Croisades y vivent des communautés chrétiennes de culture et de langue française. La présence française est cependant contestée là-bas par des groupes situés dans la « Montagne Libanaise », les Druzes, qui combattent les troupes françaises.
        • Maroc
          En 1921, un soulèvement populaire apparaît dans la zone espagnole, puis dans la zone française, du Maroc, dans la montagne du Rif. Le chef de guerre est Abd-El Krim, un chef de tribu, qui conteste la colonisation par les Européens. Il menace Fez et met en danger un moment tout le protectorat. En 1925 et 1926, le gouvernement met à l'écart le
          général Lyautey, le résident général et envoie au Maroc le Maréchal Pétain avec 100.000 hommes, qui mène assez rapidement la France à la Victoire dans cette « Guerre du Rif ». Le protectorat est sauvé, mais l'alerte a été chaude.
      • Difficultés financières
        La France subit une inflation provoquée par le déficit budgétaire et par la fuite de ses capitaux. La gauche, incapable de lutter contre, utilise le terme de « Mur d'argent » auquel elle se heurterait, ou encore parle des « 200 familles » qui bloqueraient et désorganiseraient l'économie française. La vérité est que la politique économique de la France est tout simplement mauvaise.
        Herriot envisage à l'hiver 1925 – 1926 de créer un impôt sur le capital, qui est refusé. Cela accélère sa chute, la fuite des capitaux, et la débâcle financière du pays.
        En avril 1926, la situation financière du pays est pitoyable, alors que l'économie se porte plutôt bien. Herriot est donc obligé de démissionner. En juillet 1926, la tentative de formation d’un deuxième gouvernement Herriot (ce cabinet dure deux jours) échoue en raison de la spéculation. Sept ministres des Finances en quatorze mois n’ont pu enrayer la panique financière et les petits épargnants retirent leurs dépôts des caisses d’épargne, le franc chute (avant les élections de 1924 le franc s'échangeait à 96 pour une £ et en 1926 à 240) et le gouverneur de la Banque de France menace le Président du conseil de cesser ses avances. Le Cartel, affirmant être victime du " mur d’argent ", tombe à gauche. Quelques semaines plus tard, Doumergue fait appel à
        Raymond Poincaré, adversaire de la gauche, pour la Présidence du Conseil.

    Millerand

    Gaston Doumergue

    Paul Painlevé

    Édouard Herriot

    Aristide Briand

    Gustav Stresemann

    Charles Maurras

    Georges Valois

    Benito Mussolini

    Ho-Chi-Minh

    général Lyautey

    Raymond Poincaré

    SOMMAIRE

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    Gérard Fourestier
    Professeur au Centre international de Valbonne Sophia Antipolis (France)
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