HISTOIRE ET FONDATION DU MAARIF :


Pour l´Histoire et la Fondation du Maarif nous n´avons pratiquement pas d´écrits ou antécédents , si ce n´est une référence apportée par Mr. Léon Dubois (président de la chambre syndicale des entrepreneurs français du Maroc) qui affirme que le Maarif n´était pas inclus dans le Plan PROST (premier plan d´urbanisme de 1916 pour Casablanca).

Il fit approuver un premier projet déjà tardif car la bourgade de Casablanca avait franchi les limites de ses murs d´enceinte, et il fallut redresser bien des anomalies.

Le virus qui ronge l´urbanisme au Maroc est la « spéculation sur les terrains ». Il va apporter rapidement des perturbations au plan PROST primitif.

Les terrains hors périmètre sont recherchés par les petites bourses pour échapper à la spéculation, tant bien que mal plutôt mal que bien, le centre ouvrier du Maarif se construit.

1916 L´assainissement de ce nouveau quartier est rendu nécessaire et doit faire l´objet d´un plan d´urbanisme dont la réalisation est très onéreuse par une voirie dont l´etablissement n´avait été précédé d´aucune étude technique.

A quelle étude technique Mr Dubois faisait allusion?, et bien à l´étude du sol, et de la nappe phréatique; nous verrons plus tard pourquoi.

Là s´étaient installés des petites gens depuis cinq à six ans pêle-mêle, dans des baraquements en bois, vu que les briques étaient importées d´Espagne à prix d´or, et le ciment pareillement, la première briquéterie fut construite à Fédala quelque temps après...

L´Eglise construite entre 1917-1918 au Maarif par les Pères de la Mission Franciscaine (cette mission,qui se trouvait alors dans la vieille Médina, et qui plus tard sera l´Eglise Espagnole),fut bâtie par le Franciscain Français Bonaventure Cordonnier(mort en 1946), ce Franciscain a écrit un AGENDA sur sa vie, le chapitre quatre parle du Maarif, (ses Mémoires manuscrites sont à Lyon chez les Franciscains.)

Voici deux Photos 1922 et 1936

 

La promotion du lotissement a été réalisée par les négociants Anglais Murdoch et Buttler qui ont prévu l´emplacement du centre religieux, (les terrains sont acquis en 1914 à une fraction de la tribu berbère des Maarroufis, issue du village de Ben Ahmed) toutefois la vente des terrains de 200 m2 par lot (10mtsX20mts)se fait vers 1915/1916 sur plan, à une société immobilière revendeuse, comme le Racine P.H.L.(Ancien camp d´Aviation) dont l´annonce était sur un mur devant le "grand café du commerce", dans l´ancienne médina, véritable foire aux terrains, servant de PC aux courtiers en 1913, le prix d´un lot au Maarif vue la crise des logements pouvait atteindre la somme de 10.000 francs anciens, pour des salaires de 10 à 15 francs par jour, la maison préfabriquée à 100/120 frs le m2, couverte de tôles ondulées. Les prix sont en P.H. (peseta hassani) 1 fr=1,25 p.h.
Mais plus rien sur la société revendeuse du Maarif. Si l´un d´entre nous dispose encore de sa Mulkya, (titre foncier) qu´il nous le fasse savoir.

L´Eglise, que j´ai décrite dans un autre chapitre, (j´ajouterai ici qu´elle avait entre un mètre et un mètre vingt sur le niveau de la rue), ce qui supposant, était un petit promontoire, les rues environnantes étant en contrebas. Du fait que le tout à l´égout n´existait pas encore en 1918, je peu donner crédit à des chroniques anciennes que j´ai recueillies et qui affirment qu´une certaine année de pluie en 1920, il aurait fallu une barque pour assister à la Messe tant il y avait d´eau autour.

Mais sans trop d´immagination, les gens de mon âge se souviennent du lac, en face de l´école du Maarif, rue Fabre d´Eglantine, (il pleut il pleut bergère... l´auteur de cette chanson, bien à propos) et du promontoire avec le Marabout (tombe d´un saint Musulman).

Je dois admettre donc que beaucoup de circonstances coïncident pour affirmer que le Maarif, au moins en partie, était un Marais insalubre, de là la réflexion de Mr Dubois « La réalisation s´est rendue onéreuse », faire des égouts, avec une nappe phréatique si peu profonde, coutent les yeux de la tête.

Et finalement encore une preuve, entre la rue de Versailles et celle de Cluny, angle Bd. Jean Courtin, j´ai assisté à la construction d´un bâtiment pour une entreprise de papiers et les fondations durent chercher la terre ferme très profondément car l´eau inondait les puits constamment, et les filtrations de l´Oued Bouskoura étaient difficiles à sécher.

Le sous sol du Maarif est une ardoise peu poreuse, mais le nom du Maarif, ne vient pas de marais ... parait-il qu´à cet endroit habitait une tribue berbère, les Ouled Maaroufi ? d´après le Padre L. Aubert, qui tient ce renseignement de bonnes sources, je crois me souvenir qu´un autre quartier de Casablanca porte le nom de Sidi Maarouf. (mais il est loin du Maarif) ? ? ? j´ai lancé un appel par Internet à des Amis du Maroc pour plus de précisions sur l´étymologie du mot Maarif.

Voici la réponse:-MAARIF c´est le substantif pluriel du savoir en Arabe, ou "cognition"(c´est donc l´expression d´étre doté de beaucoup de savoir et connaissances). Par antonomase,la figure rhétorique par laquelle on emploie un nom commun pour un nom propre et vis versa, Maârif= savants, connaîsseurs.(C´est ce qui explique l´érudition innée des Maârifiens).

Ce primitif Douar Maarif était une ferme à l´emplacement des Etablissements Meffre et chez Deschamp, rue Marceau et jusqu´au Bd Jean Courtin, (Garage Botella) avec des murs d´enceinte en terre battue, au bord du Bd, ex route de Mazagan, se trouvait un Hammam (établissement de bains), et un four à pain contigüe.

Contrairement à ce que l´on peut penser, en pleine crise financière mondiale, et le crack de 1929, la construction du Maarif prit un grand essort, précisément c´est entre 1927 et 1933 que le quartier prend son aspect actuel que nous avons connu avant l´ indépendance de 1956, mais après cette date le règlement général de voirie et de construction permit la démolition des petites villas de plein-pied, et la plupart sont remplacées par des immeubles à étages, l´Eglise, peu de temps après sa reconstruction, sera reconvertie en un centre civique et culturel de la Commune du Maarif.

La suite est expliquée dans d´autres chapitres, mais je demande la collaboration de tous pour en savoir plus long, merci....

José Maria Morido Chacon (Mas, Maarif Association Salésienne)


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